Les compositeurs



Quelques éléments de biographie des auteurs  
que nous avons publié dans nos programmes de concerts.

En 2018 nous chanterons la messe de Gloria de Giacomo Puccini et le psaume 42 de Felix Mendelssohn. 


FELIX MENDELSSOHN
Jakob Ludwig Felix Mendelssohn Bartholdy, plus couramment appelé Felix Mendelssohn, né le 3 février 1809 à Hambourg et mort le 4 novembre 1847 à Leipzig, est un chef d'orchestre, pianiste et compositeur allemand du début de la période romantique. Wikipédia


En 2017 nous avons chanté Le te Deum et Jubilate de Henri Purcell
et le Magnificat de john Rutter


HENRY PURCELL
Né à Londres en 1659, alors que la fin de la république puritaine et la restauration monarchique voyaient le retour en grâce de la musique et en particulier de la musique religieuse, fils d'un gentilhomme attaché à la Chapelle Royale de Charles II, Henry PURCELL fut très tôt l'élève de Pelham HUMPHREY, l'un des plus brillants compositeurs de cette nouvelle génération, lui-même envoyé par le roi étudier en France avec LULLY, puis de John BLOW à qui il succéda, à 22 ans, au poste d'organiste de l'abbaye de Westminster.
Intendant des instruments de la cour en 1683, PURCELL devient en quelque sorte le musicien officiel de la monarchie, incorporant à sa musique des éléments de styles baroques italien et français, et développant un style anglais bien particulier. Ayant abordé tous les genres avec le même talent, il laisse quelque huit cents oeuvres 1 à sa disparition en 1695, à seulement 35 ans. Parmi ses compositions pour le théâtre, on citera Didon et Énée, de 1689, symbole de l'opéra anglais, King Arthur, et The Fairy Queen, musique de scène pour A Midsummer Night's Dream - Le songe d'une nuit d'été de SHAKESPEARE. Après sa mort, il n'y aura plus de compositeur de premier plan en Angleterre et l'opéra anglais disparaîtra… jusqu'au premier séjour de HÄNDEL à Londres en 1711.
Le Te Deum and Jubilate Deo Z 232, pour solistes, choeur et orchestre, écrit pour la Sainte Cécile de 1694, prend place entre deux oeuvres d'inspiration religieuse restées tout aussi célèbres, l'Ode à Sainte Cécile de 1692, et la Music for the Funeral of Queen Mary, de 1695. Il s'agit là du premier Te Deum anglais composé avec adjonction d'un véritable ensemble instrumental. Particulièrement remarquable par la majesté du style, il sera joué chaque année à la cathédrale Saint Paul de Londres, jusqu'à être remplacé par l'Utrecht Te Deum and Jubilate, composé en 1713 pour célébrer la fin de la guerre de Succession d'Espagne, …par le même HÄNDEL.
Comptant parmi les plus grands compositeurs anglais, PURCELL ne connut pas de période de désaffection, et son influence est encore manifeste chez les auteurs de ce qu'on a appelé la renaissance de la musique anglaise du début du XXème siècle, et en particulier chez Benjamin BRITTEN.
Osera-t-on enfin rappeler que la Music for the Funeral of Queen Mary a été reprise en 1972 pour le générique d'Orange Mécanique de Stanley KUBRICK ?


JOHN RUTTER
Compositeur contemporain tout aussi attaché à l'église et à la liturgie anglaise, fils de scientifique et petit-fils d'ingénieur, John RUTTER est né à Londres, en 1945. Il enregistre ses premières oeuvres alors qu'il est encore étudiant au Clare College de Cambridge, notamment connu pour son choeur de chambre de très haut niveau. Il en devient le directeur en 1975, avant de fonder, en 1981, son propre choeur, les Cambridge Singers. RUTTER a écrit des opéras pour enfants, un concerto pour piano, de la musique pour la télévision, mais ce sont ses oeuvres pour choeurs qui lui valent la consécration internationale. Sans chercher pour autant à se laisser enfermer dans une image de musicien d'église, il doit principalement sa célébrité, outre son Magnificat, à son Requiem, de 1985, son Psalmfest, de 1993, et sa Mass of the Children, de 2003.
On retrouve avec bonheur dans ces oeuvres une inspiration classique, tout aussi bien que des échos de comédies musicales que l'on a pu entendre à Broadway ou des harmonies qui évoquent les folklores mexicain ou puerto-ricain.

Dans ce Magnificat, que d'entrée il veut joyeux, RUTTER introduit, entre les deuxième et troisième versets du texte latin, un poème anglais du XVème siècle consacré à Marie, "of a rose, a lovely rose, of a rose is all my song", à qui il réserve un traitement mélodique particulier. Et, comme l'avait fait BACH dans son Magnificat en ré majeur BWV 243, il termine le psaume par la traditionnelle doxologie "Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto", dans laquelle il intègre à nouveau une prière à la Vierge, qui ne saurait surprendre de la part du fidèle anglican qu'il est. 



En 2016 nous avons chanté deux messes de la période romantique au XIXème siècle: la Messe n°2 en sol majeur de Franz Schubert et la Messe solennelle en l'honneur de Sainte Cécile de Charles Gounod


FRANZ SCHUBERT, l'homme aux six cents Lieder

          Né le 31 janvier 1797 à Lichtental, l'un des quartiers de Vienne, Franz Schubert est le douzième enfant d'une famille de quatorze. Son père, instituteur, lui donne ses premières leçons de violon et, avec celui-ci au violoncelle et ses frères au violon, il tient très tôt la partie d'alto dans le quatuor à cordes familial.
Admis en 1808 comme soprano dans le chœur de la chapelle impériale de Vienne, il suit les cours du Stadtkonvikt, ou Akademisches Gymnasium, internat viennois fréquenté par les fils de bonne famille où il étudie notamment, à partir de 1812, la composition et le contrepoint avec Antonio Salieri, directeur de la musique à la Cour, personnalité incontournable de la vie musicale viennoise de l'époque, qui aura compté parmi ses élèves Beethoven,
Meyerbeer, Hummel et Süssmayr. Sa voix mue et le jeune Schubert quitte le Konvikt en 1813 pour entrer à l'école normale Sainte-Anne et s'y prépare au métier d'instituteur, qu'il exercera comme assistant de son père jusque fin 1816.
Dès 1810, il a toutefois commencé à composer et, à 18 ans, a déjà écrit plus d'une centaine d'œuvres, dont un opéra, deux symphonies et une première messe à l'occasion du centenaire de l'église de Lichtental.
Entre le 2 et le 7 mars 1815, alors qu'il travaille le dernier mouvement de sa troisième symphonie, Schubert écrit en moins d'une semaine cette deuxième messe, commande paroissiale sans doute, pour des circonstances moins solennelles que la précédente qui avait connu un grand succès.
Orchestrée plus modestement que la première, la Messe no 2 en sol majeur D.1671 fait figure de Missa Brevis par rapport à celle-ci, avec une participation vocale de solistes réduite à un trio, dont, à part quelques passages de la soprano, les interventions sont assez modestes.
Sans affecter pour le moins le cadre traditionnel de la messe, le langage de Schubert est ici d'une conception très différente, d'une douceur et d'une chaleur d'expression qui reflètent bien les nouvelles conceptions de l'époque.
Le plan d'ensemble en est d'une grande clarté. L'impression est celle d'un climat très paisible d'où se dégage une grande intimité. Son charme essentiel réside dans l'acceptation tranquille du droit à exprimer de tels sentiments dans leur nudité première, dans le refus de tout enjolivement ou de toute virtuosité tant soit peu extérieure. Messe de campagne ? Peut-être, mais il arrive à la campagne d'être parfois, et si simplement, très belle.
On ne sait rien des circonstances exactes dans lesquelles cette messe fut créée très probablement en cette même église de Lichtental, au lendemain de l'achèvement de sa composition.

Les années 1815 et 1816 seront ses plus productives, durant lesquelles Schubert écrira plus de quatre cents œuvres, dont quelque deux cents Lieder. Il décédera le 19 novembre 1828 de la fièvre typhoïde, à 31 ans, et son corps sera transféré en 1888 dans le carré des musiciens du cimetière central de Vienne où il repose auprès de Gluck, Beethoven, Brahms et Hugo Wolf.

1 Le catalogue des œuvres de Schubert, dressé au XXème siècle par le musicologue Otto Erich Deutsch et qui associe à chacune un numéro précédé de la lettre D, comporte 998 références.




CHARLES GOUNOD, l'auteur de l'opéra Faust

          Charles Gounod naît vingt ans après Schubert, le 17 juin 1818 à Paris, et c'est sa mère qui sera son premier professeur de piano. Au Conservatoire de Paris, il aura notamment comme professeur Antonin Reicha, tchèque récemment naturalisé français, virtuose de l'écriture contrapuntique, lui aussi ancien élève de Salieri, et qui avait été, durant quatorze ans, l'ami de Beethoven à Bonn.
En 1839, Gounod remporte le Grand Prix de Rome et profite de son séjour à la villa Médicis pour s'imprégner de l'art de Palestrina et goûter la polyphonie pratiquée à la Chapelle Sixtine. Un séjour en Allemagne lui permettra ensuite de rencontrer Mendelssohn, et de se familiariser avec Bach et Mozart.
De retour à Paris en 1843, il est nommé organiste et maître de chapelle de l'église des Missions Étrangères, suit des cours de théologie, prend la soutane, mais la révolution de 1848 et le bouleversement des idées changent l'orientation de sa vie. Il démissionne de son poste, écrit sans grand succès la musique de deux opéras, Sapho en 1852, la Nonne Sanglante en 1854 – succès qui ne viendra qu'avec Faust en 1859 -, sans pour autant, renoncer à sa foi ni à la musique religieuse qui continuera à occuper la première place dans ses convictions et ses préoccupations.
Celle-ci, oratorios, messes, motets et messes de requiem, représente quelque deux cents œuvres d'inégale importance, et parmi les seize messes que Gounod a composées, la Messe de Sainte Cécile, elle aussi messe de commande, reste aujourd'hui la plus connue.

"Il n'y a qu'une difficulté, c'est de répondre par la musique aux exigences de cet incomparable et inépuisable sujet, la messe" écrivait Gounod alors qu'il travaillait à cette Messe solennelle en l'honneur de Sainte Cécile. En deux endroits, son texte ne suivra d'ailleurs pas exactement le texte liturgique, un Domine Jesu soulignant tragiquement la supplication du Miserere nobis du Gloria, et la double interpolation dans l'Agnus Dei d'un Domine non sum dignus ut intres sub tectum meum traduisant à la fois l'angoisse de l'homme et la confiance de l'enfant. Mais la rareté des solos et la prédominance des chœurs ou leur alternance avec les solistes en trio affirme bien le caractère liturgique de l'œuvre où, bien loin des effets du bel canto, on retrouve des inspirations du chant grégorien alors en pleine redécouverte1. En plus de la qualité musicale de cette messe, quelque chose de l'engagement personnel du compositeur a dû être perçu lors de sa première audition à Saint Eustache le 22 novembre 1855, le jour même de la fête de la Sainte, audition qui apporta la célébrité à son auteur et amena Saint-Saëns à écrire : "L'apparition de la Messe Sainte Cécile… causa une sorte de stupeur. Cette simplicité, cette grandeur, cette lumière sereine qui se levait sur le monde musical comme une aurore gênaient bien des gens".

Sa première Messe de Requiem, donnée à Vienne en 1842, avait valu à son auteur les éloges de Mendelssohn. Gounod mourra le 18 octobre 1893 alors qu'il mettait la dernière main à un autre Requiem, écrit à la mémoire de son petit-fils dont la mort l'avait beaucoup affecté. Ses obsèques eurent lieu à l'église de La Madeleine, avec Camille Saint-Saëns à l'orgue et Gabriel Fauré à la tête de la maîtrise.
1 Gounod sera l'un des trois membres du jury du Congrès pour la restauration du plain-chant et de la musique d'église qui se tiendra à Paris en 1860.



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